10 octobre 2015

Vieillissement oculaire

« Plus capable de lire le nom de la rue de Varenne, de l’autre côté du trottoir ! Ni, chemin faisant, d’autres noms de rue sur d’autres plaques. J’ai beau froncer les sourcils, rien à faire, les lettres se brouillent. Même les caractères les plus criards des publicités me résistent. Allons bon, voilà que je n’y vois plus de loin non plus ! J’en suis plus affecté que par la découverte de ma presbytie. Cette première manifestation du vieillissement oculaire m’avait paru bénigne. N’importe quelle loupe y pallierait. Ici, c’est autre chose : je me sens comme… menacé. Sentiment primitif ? Vieil instinct ? Réduction de mon territoire de chasse ? Quelque chose comme ça. Mon regard ne domine plus la savane. Avant, je déchiffrais l’horizon, je suivais des yeux le gibier dans le lointain ; bientôt j’en serai réduit à repérer les blattes sur les parois de mon terrier. »

Journal d’un corps / Daniel Pennac

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  1. […] Sources : Journal d’un corps / Daniel Pennac […]

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Un rien m'amène, un rien m'anime. Un rien me mine, un rien m'emmène.

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