11 octobre 2015

Oeuf à la coque

Oeuf dans sa coque cuit quelques minutes à l’eau bouillante, dont le résultat n’a d’égal que le dessin d’enfant ; unique et innombrable.

L’œuf et le dessin vivent ainsi le même paradoxe car si chacun est un chef d’œuvre, peu nombreux sont les papilles et l’œil qui s’y arrêtent.

Si toutes les poules venaient à disparaître, les nations se battraient pour posséder le dernier œuf, car rien au monde n’est meilleur qu’un œuf à la coque, pourvu qu’on y ajoute un peu de sel. S’il ne restait qu’un seul dessin d’enfant, que ne lirions-nous pas, dans ce dessin unique.

L’autre grand paradoxe de l’œuf, qu’il soit d’ailleurs cuit à la coque, en omelette, ou sauté avec des champignons, c’est celui qu’il connaît avec la poule, la question étant de savoir qui est apparu le premier. Cette question-là ne se pose pas entre le dessin et l’enfant.

Encore que…

Sources : Larousse – Journal d’un corps / Daniel Pennac

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

À propos de Florence

Un rien m'amène, un rien m'anime. Un rien me mine, un rien m'emmène.

Derniers Articles par Florence

CATÉGORIE

O

Mots-clefs

, , , , ,