30 novembre 2015

Intestin

Dernière partie du tube digestif se divisant en deux intestins ; le grêle, qu’on traite de petit, et le côlon, qu’on traite de gros.

Le gros jouit d’une plus grande notoriété car il est chargé d’actions connues de tous : élaborer et évacuer les matières fécales. Ce qu’il fait d’ailleurs plus ou moins allégrement, notamment en ce qui concerne l’évacuation.

On pourrait toutefois comparer le passage aux lieux d’aisances à la partie visible de l’iceberg. Le moindre prouf est en effet le signe d’une formidable épopée intestinale, digne d’un roman de Tolkien tant la route est longue et les créatures fantastiques.

En réalité, l’intestin est au tube digestif ce que le cœur est au système sanguin, ou le cerveau au système nerveux ; une apothéose.

Pourtant, parmi ces trois chefs-d’œuvre du corps humain, seuls le cœur et le cerveau ont pendant longtemps fait l’objet de toutes les attentions.

L’intestin ? A quoi peut-il bien servir, si ce n’est à évacuer nos déchets et à lâcher de temps à autre un pet compromettant ? D’ailleurs, que fait-il le reste du temps ? Il pendouille, certainement.

Il faut être franc : l’intestin ne nous intéressait pas. Il nous faisait même honte.

Et combien de se dire secrètement : l’intestin, ça craint.

Bien sûr, il n’en est rien. D’autres civilisations l’ont compris avant nous.

Loin de n’être qu’un banal tuyau péteur, l’intestin constitue un organe complexe et vital, qui a à sa disposition toute une cohorte de messagers chimiques, de matériaux d’isolation cellulaire et de types de connexion. Il n’y a qu’un autre organe qui offre une telle diversité : le cerveau.

Le système nerveux de nos entrailles, dit entérique, est d’ailleurs maintenant qualifié de « deuxième cerveau ». Et notre bien-être dépend sans doute tout autant du deuxième que du premier.

Ne dit-on pas aimer avec ses tripes ?

Mais le génie de l’intestin va bien au-delà de son système nerveux capable d’échanger le bout de gras avec notre cerveau.

L’intestin cache une autre richesse dont on commence à peine à percer les secrets : la planète microbienne.

Un petit monde fascinant de près de 100 billions de bactéries, dont les premiers éléments sont transmis par la mère. Les mamans peuvent ainsi être fières, car s’il arrive que leur progéniture ressemble exclusivement au père, elles seules lui transmettent les éléments déterminants de leur microbiote. (Et toc.)

Quoi qu’il en soit, dès l’instant où l’on prend conscience de ces organismes qui peuplent nos entrailles, de cette flore intestinale pouvant peser jusqu’à 2 kilos, comment ne pas croire en une seconde influence du ventre sur notre tête ?

Qui sait, au final, si nous n’aimons pas aussi avec nos bactéries ?

Pendant des siècles nous avons concentré nos efforts sur les habitants du « grand monde ». Nous avons exploré tous ses continents. Aujourd’hui, qui veut en explorer de nouveaux doit partir à la découverte de son petit monde.

Combien alors de se dire désormais : l’intestin, c’est le fin du fin.

Sources : Le charme discret de l’intestin / Giulia Enders (1)(2)

©Jill Enders

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

À propos de Florence

Un rien m'amène, un rien m'anime. Un rien me mine, un rien m'emmène.

Derniers Articles par Florence

CATÉGORIE

I

Mots-clefs

, , , , , , , , ,