Le fourrageur moyen avait une connaissance plus large, plus profonde et plus variée de son environnement immédiat que la plupart de ses descendants modernes. De nos jours, la grande majorité des habitants des sociétés industrielles n’a pas besoin de savoir grand chose du monde naturel pour survivre. [Pour être informaticien, agent d’assurances, professeur d’histoire ou ouvrier], il faut être féru dans son tout petit domaine d’expertise mais, pour la plupart des nécessités de la vie, on s’en remet aveuglément à l’aide d’autres connaisseurs, dont le savoir se limite aussi à un minuscule domaine d’expertise.

La collectivité humaine en sait aujourd’hui bien plus long que les bandes d’autrefois. Sur un plan individuel, en revanche, l’histoire n’a pas connu hommes plus avertis et plus habiles que les anciens fourrageurs.

De fait, tout indique que la taille du cerveau moyen des Sapiens a bel et bien diminué depuis l’époque des fourrageurs. Survivre en ce temps-là nécessitait chez chacun des facultés mentales exceptionnelles.

Sapiens, une brève histoire de l’humanité / Yuval Noah Harari

 

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