Au quotidien, les prébiotiques […] n’ont qu’une seule exigence : il faut qu’il y ait de bonnes bactéries dans l’intestin concerné. La nourriture prébiotique va favoriser leur croissance et leur activité, de sorte qu’elles auront plus de pouvoir sur les mauvaises bactéries.

[…] Nous appelons “fibres alimentaires” tout ce qui ne peut pas être assimilé dans l’intestin grêle. Et elles l’ont effectivement, la fibre alimentaire, puisqu’elles contribuent à nourrir nos bactéries dans le gros intestin. Car celles-ci aiment les fibres – pas toutes, mais certaines. Il y a des bactéries qui aiment les fibres d’asperges, d’autres qui préfèrent les fibres de viande.

Un médecin ne sait pas toujours très bien pourquoi il recommande à son patient de consommer plus de fibres. L’idée est tout simplement de fournir une alimentation consistante aux bactéries, avec pour nous des effets bénéfiques à la clef. Les microbes de l’intestin vont enfin pouvoir manger à leur faim ! Bien nourris, ils produiront des vitamines et de bons acides gras ou concocteront des séances d’entraînement pour maintenir notre système immunitaire en forme. Cependant, notre gros intestin accueille aussi des agents pathogènes, qui peuvent produire à partir de certains aliments des substances telles que l’indole, le phénol ou l’ammoniaque. Vous voyez ? Ce sont ces produits qu’on retrouve dans des emballages hérissés de symboles d’avertissement orange…

C’est là que les prébiotiques jouent un rôle décisif : ce sont en effet des fibres alimentaires dont seules peuvent se nourrir les gentilles bactéries. […] Le sucre ménager, par exemple, n’est pas un prébiotique parce que les bactéries des caries l’apprécient aussi. Les prébiotiques ne sont que peu, voire pas du tout assimilés par les mauvaises bactéries, de sorte qu’elles ne peuvent pas s’en servir pour fabriquer des armes contre nous. […]

Le problème, c’est que notre alimentation manque souvent de fibres – et encore plus de prébiotiques. […]

Pourtant, il n’est vraiment pas difficile de se faire du bien en faisant du bien à ses gentils microbes. Nous avons tous ou presque un “plat prébiotique préféré” que nous pourrions manger plus souvent. Ma grand-mère, par exemple, a toujours de la salade de pommes de terre dans son réfrigérateur, mon père fait la meilleure salade d’endives à la mandarine de la planète […], et ma sœur se damnerait pour des asperges ou des salsifis en béchamel.

[…] Quand on se nourrit principalement de produits pauvres en fibres – pâtes, pain blanc ou pizza –, mieux vaut éviter d’augmenter brutalement la quantité de fibres alimentaires. La communauté bactérienne déjà un peu mal en point risque sinon d’être dépassée par les événements : les microbes perdent la tête et se mettent à métaboliser tout ce qui leur tombe sous la dent. Résultat : c’est le grand festival du prout. Quand on augmente les fibres alimentaires, on le fait donc progressivement et sans exagérer la dose. Après tout, c’est d’abord pour nous que nous mangeons. Nourrir nos bactéries passe après.

[…] En revanche, un petit pet par-ci par-là, c’est très bon pour la santé. Nous sommes des êtres vivants, et nous hébergeons dans nos entrailles un petit peuple dont le travail assidu produit tout un tas de choses. […] Et pour ceux qui se targuent dignement de ne jamais avoir de flatulences, sachez-le : un mauvais péteur est aussi un mauvais hôte qui laisse ses bactéries mourir de faim.

Si vous aimez le travail vite fait bien fait, vous pouvez aussi vous procurer des prébiotiques purs en pharmacie et parapharmacie. Il s’agit par exemple de préparations à base d’endives […] ou de lait […].

Le charme discret de l’intestin / Giulia Enders

 

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