Tout se passe comme si chaque arbre émettait des ondes répulsives à l’égard des autres arbres. J’en ai parlé avec un pépiniériste. Il m’a confirmé qu’il n’y a de bel arbre que planté solitairement, avec autour de lui un espace pratiquement infini pour s’épanouir. Oui les arbres se détestent entre eux.

L’arbre est farouchement individualiste, solitaire, égoïste. J’ai compris ainsi l’angoisse qui transpire des forêts. La forêt, c’est la promiscuité forcé d’un camp de concentration. Tous ces arbres serrés les uns contre les autres souffrent et se haïssent. L’air forestier est saturé de cette haine végétale. C’est elle qui infeste les poumons du promeneur et lui serre le cœur.

Célébrations / Michel Tournier

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Un rien m'amène, un rien m'anime. Un rien me mine, un rien m'emmène.

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