16 octobre 2016

Attaque d’enfance

A la fin de Greystoke, le vieux lord, pendant un réveillon de Noël, se tue en glissant dans l’escalier du château, assis sur un grand plateau d’argent qui lui tient lieu de luge. Enfant, il dévalait sur ce même plateau toutes les marches depuis la nursery, mais il n’a plus l’âge, ne contrôle plus sa trajectoire et se tue dans un virage. Sa tête  heurte un lourd pilier de bois. Gros chagrin de Tarzan.

Le vieux lord a été victime d’une attaque d’enfance. C’est ce qui a dû m’arriver hier  quand j’ai brusquement joué à effrayer ce chien. Très souvent, l’enfant bondit en moi. Il présume de mes forces. Nous sommes tous sujets à ces accès d’enfance. Même les plus âgés. Jusqu’au bout, l’enfant revendique son corps. Il ne désarme pas. Des tentatives de réappropriation aussi imprévisibles que des raids. L’énergie que je déploie dans ces moments-là est d’un autre temps.

Journal d’un corps / Daniel Pennac

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

À propos de Florence

Un rien m'amène, un rien m'anime. Un rien me mine, un rien m'emmène.

Derniers Articles par Florence

CATÉGORIE

Mécaniques de l'esprit

Mots-clés

,