23 octobre 2016

Sous les arbres

Le monde est bien plus passionnant quand on ne voit pas seulement de lui ce qu’il daigne nous montrer, mais aussi ce qu’il nous cache. Prenons par exemple l’un de ces arbres qui bordent nos routes. Un arbre n’est pas une cuillère. Pourtant, c’est grosso modo la forme que perçoivent nos yeux : une barre toute droite (le tronc), surmontée d’une forme ovale (les branches). L’œil, face à cette forme, nous dit : “cuillère”. Sauf qu’il y a au moins autant de racines sous terre que de branches s’étirant vers le ciel. Devant cette symétrie, le cerveau devrait donc plutôt clamer quelque chose comme “haltères” ou “bâton de majorette”. Mais non. Le cerveau tire la plupart de ses informations de ce que voient les yeux : il ne se fie que rarement aux illustrations d’une encyclopédie montrant à quoi ressemble un arbre dans son ensemble. Résultat : devant le paysage qui défile, le cerveau commente la forme des arbres en répétant “cuillère, cuillère, cuillère, cuillère”.

Le charme discret de l’intestin / Giulia Enders

Illustration : Jill Enders

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Un rien m'amène, un rien m'anime. Un rien me mine, un rien m'emmène.

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