19 janvier 2017

Silence décomplexé

Parfois le silence s’invite de lui-même au beau milieu des conversations.

L’usage est de s’en inquiéter : Vite, que dire ? Remplir ce silence à tout prix.

Un jour peut-être, l’usage sera d’en profiter.

Nous laisserons alors les anges qui passent courir tout nus.

On les invitera même à prendre place en continuant de se taire, au lieu de signaler leur présence pour les faire détaler aussitôt.

Ce jour-là, on se mettra à se regarder au beau milieu des conversations, et le monde ira mieux.

On s’échangera deux trois clins d’œil comme on s’échange deux trois mots au coin d’une rue.  Et pendant que certains continueront à parler comme des vaches espagnoles, d’autres se mettront à regarder comme des pigeons voyageurs.

Bien sûr, il en restera toujours pour regarder pour ne rien voir au lieu de parler pour ne rien dire. Et alors que seuls les hommes pouvaient parler dans leurs moustache, les femmes se mettront aussi à regarder dans leurs sourcils.

De toute façon je perds une belle occasion de me taire.

Ce jour-là, les pigeons auront des dents et nous courrons tous tout nu au coin des rues.

 

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À propos de Florence

Un rien m'amène, un rien m'anime. Un rien me mine, un rien m'emmène.

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