13 juin 2017

Aveu d’impuissance

Lorsque la souveraineté d’un État se manifeste par la construction d’un mur, les contempteurs y voient non une démonstration de force, mais un aveu de faiblesse, d’un affaiblissement même de la souveraineté. Wendy Brown, […] professeur de philosophie à Berkeley, fait de l’édification même des murs une hyperbole de l’impuissance des États à gouverner par le droit et la norme. L’auteur développe plus loin le concept énoncé par l’historien allemand Eghigian, d’homo munitus (fortifié, protégé), à l’abri de ses nouveaux remparts – une démocratie emmurée (car en emmurant l’autre, on s’emmure soi-même). Même si les murs n’ont qu’une efficacité relative, ils ont pour véritable finalité de mettre en scène une image rassurante de l’État aux yeux de ses ressortissants. […]

D’autres auteurs évoquent une théâtralisation de la souveraineté […]. Le gouvernement ne contrôle pas la frontière ; il contrôle ce que les Américains pensent de la frontière / Leo W. Bank.

Histoire des murs / Claude Quétel

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Un rien m'amène, un rien m'anime. Un rien me mine, un rien m'emmène.

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