Le sujet amoureux, au gré de telle ou telle contingence, se sent emporté par la peur d’un danger, d’une blessure, d’un abandon, d’un revirement – sentiment qu’il exprime sous le nom d’angoisse.

Ce soir je suis revenu seul à l’hôtel ; l’autre a décidé de rentrer plus tard dans la nuit. Les angoisses sont déjà là, comme le poison préparé ; elles attendent seulement qu’un peu de temps passe pour pouvoir décemment se déclarer. […]

Le psychotique vit dans la crainte de l’effondrement (dont les psychoses ne seraient que les défenses). Mais « la crainte clinique de l’effondrement est la crainte d’un effondrement qui a été déjà éprouvé » et il y a des moments où un patient a besoin qu’on lui dise que l’effondrement dont la crainte mine sa vie a déjà eu lieu ». De même semble-t-il, pour l’angoisse d’amour : elle est la crainte d’un deuil qui a déjà eu lieu […]. Il faudrait que quelqu’un puisse me dire : « Ne soyez plus angoissé, vous l’avez déjà perdu(e). »

Fragments d’un discours amoureux / Roland Barthes

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Un rien m'amène, un rien m'anime. Un rien me mine, un rien m'emmène.

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