Le démon est pluriel. Lorsqu’un démon est repoussé, lorsque je lui ai enfin imposé silence, un autre lève la tête à côté et se met à parler.

La vie démoniaque d’un amoureux est semblable à la surface d’un solfatare ; de grosses bulles (brûlantes et boueuses) crèvent l’une après l’autre ; quand l’une retombe et s’apaise, retourne à la masse, une autre, plus loin, se forme, se gonfle. Les bulles « Désespoir », « Jalousie », « Exclusion », « Désir », « Incertitude de conduite », « Frayeur de perdre la face » (le plus méchant des démons) font « ploc » l’une après l’autre, dans un ordre indéterminé : le désordre même de la nature.

Fragments d’un discours amoureux / Roland Barthes

© Bulle « boueuse » en cours d’éclatement dans une solfatare à Theistareykir, Islande / Michel Detay

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Un rien m'amène, un rien m'anime. Un rien me mine, un rien m'emmène.

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