3 août 2017

Angoisse seconde

Le sujet amoureux se demande, non pas s’il doit déclarer à l’être aimé qu’il l’aime, mais dans quelle mesure il doit lui cacher les « troubles » de sa passion : ses désirs, ses détresses, bref, ses excès (en langage racinien : sa fureur).

[…] Lorsque X… resurgira […], que lui dirai-je ? Devrai-je lui cacher mon trouble – désormais passé (« Comment vas-tu?« ) ? Le faire éclater agressivement (« Ce n’est pas chic, tu aurais bien pu…« ) ou passionnément (« Dans quelle inquiétude tu m’as mis« ) ? Ou bien, ce trouble, le laisser entendre délicatement, légèrement, pour le faire connaître sans en assommer l’autre (« J’étais un peu inquiet… ») ?

Une angoisse seconde me prend, qui est d’avoir à décider du degré de publicité que je donnerai à mon angoisse première.

Fragments d’un discours amoureux / Roland Barthes

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À propos de Florence

Un rien m'amène, un rien m'anime. Un rien me mine, un rien m'emmène.

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