15 août 2017

Errance

Bien que tout amour soit vécu comme unique et que le sujet repousse l’idée de le répéter plus tard ailleurs, il surprend parfois en lui une sorte de diffusion du désir amoureux ; il comprend alors qu’il est voué à errer jusqu’à la mort, d’amour en amour. […]

Le long d’une vie, tous les « échecs » d’amour se ressemblent. X… et Y… n’ont pas su (pu, voulu) répondre à ma « demande » […]. Et cependant, X… et Y… sont incomparables ; c’est dans leur différence que je puise l’énergie de recommencer. La « mutabilité perpétuelle » dont je suis animé, loin d’écraser tous ceux que je rencontre sous un même type fonctionnel (ne pas répondre à ma demande), disloque avec violence leur fausse communauté : l’errance n’aligne pas, elle fait chatoyer : ce qui revient, c’est la nuance. Je vais ainsi, jusqu’à la fin de la tapisserie, d’une nuance à l’autre (la nuance, c’est ce dernier état de la couleur qui ne peut être nommé).

Fragments d’un discours amoureux / Roland Barthes

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À propos de Florence

Un rien m'amène, un rien m'anime. Un rien me mine, un rien m'emmène.

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