20 août 2017

Formalité du rapt

Lorsque Werther « découvre » Charlotte, Charlotte est en train de couper du pain. […]

Ce qui me fascine, me ravit, c’est l’image d’un corps en situation. Ce qui m’excite, c’est une silhouette occupée, qui ne fait pas attention à moi. [Car la posture de l’occupation] me garantit en quelque sorte l’innocence de l’image : plus l’autre me tend les signes de son occupation, de son indifférence (de mon absence), plus je suis sûr de le surprendre, comme si, pour tomber amoureux, il me fallait accomplir la formalité ancestrale du rapt, à savoir la surprise (je surprends l’autre, et par là même il me surprend : je ne m’attendais pas à le surprendre).

Fragments d’un discours amoureux / Roland Barthes

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À propos de Florence

Un rien m'amène, un rien m'anime. Un rien me mine, un rien m'emmène.

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