Ce sont les dons et la force de nos prédécesseurs qui nourrissent les histoires que l’on raconte et que l’on écoute. D’après moi, ce qui fait la force de la narration, c’est une haute colonne d’êtres humains, unis dans le temps et dans l’espace, richement ou pauvrement vêtus comme à leur époque ou encore dans […]

A la fin de chaque texte qu’elle terminait pour quelqu’un d’autre, elle écrivait le mot FIN, suivi d’une étoile (une sorte d’astérisque qui ne renvoyait à rien). Elle exigeait par contrat que cette signature figure à la fin du livre. C’était sa patte, sa marque de fabrique, une sorte d’empreinte connue d’elle seule. Je me […]

Dès lors qu’on ellipse, qu’on étire, qu’on resserre, qu’on comble les trous, on est dans la fiction. […] Toute écriture de soi est un roman.

D’après une histoire vraie / Delphine de Vigan

Les gens en ont assez des intrigues bien huilées, de leurs accroches habiles et de leurs dénouements. Les gens en ont assez des marchands de sable ou de soupe, qui multiplient les histoires comme des petits pains pour leur vendre des livres, des voitures ou des yaourts. Des histoires produites en nombre et déclinables à […]

Vouloir écrire l’amour, c’est affronter le gâchis du langage : cette région d’affolement où le langage est à la fois trop et trop peu, excessif et pauvre. […] Savoir qu’on n’écrit pas pour l’autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j’aime, savoir que l’écriture ne compense […]

Je puis tout faire avec mon langage, mais non avec mon corps. Ce que je cache par mon langage, mon corps le dit. Je puis à mon gré modeler mon message, non ma voix.  A ma voix, quoi qu’elle dise, l’autre reconnaîtra que « j’ai quelque chose ». Je suis menteur (par prétérition), non comédien.

Mon corps est un enfant entêté, mon langage est un adulte civilisé.

Fragments d’un discours amoureux / Roland Barthes

En pleurant, je veux impressionner quelqu’un, faire pression sur lui. Ce peut être – et c’est communément – l’autre que l’on contraint ainsi à  assumer ouvertement sa commisération ou son insensibilité ; mais ce peut être aussi moi-même : je me fais pleurer, pour me prouver que ma douleur n’est pas une illusion : les […]