La vie n’est tolérable qu’en état d’ébriété. Ébriété alcoolique, amoureuse, religieuse. Créature de néant, l’homme ne peut affronter l’inconcevable tribulation qui lui advient qu’en se saoulant la gueule. Le Roi des aulnes / Michel Tournier Je te souhaite d’avoir connu l’amour, le Grand. Dans son principe alcoolique le plus pur, celui dont la morsure nous […]

Monsieur, Vous me demandez de venir passer une huitaine de jours chez vous, c’est-à-dire auprès de ma fille que j’adore. Vous qui vivez auprès d’elle, vous savez combien je la vois rarement, combien sa présence m’enchante, et je suis touchée que vous m’invitiez à venir la voir. Pourtant, je n’accepterai pas votre aimable invitation, du […]

Ce n’est pas seulement besoin de tendresse, c’est aussi besoin d’être tendre pour l’autre : nous nous enfermons dans une bonté mutuelle, nous nous maternons réciproquement; nous revenons à la racine de toute relation, là où besoin et désir se joignent. Le geste tendre dit : demande-moi quoi que ce soit qui puisse endormir ton […]

Ni l’un ni l’autre ne se connaissent encore. Il faut donc se raconter : « Voici ce que je suis. » C’est la jouissance narrative, celle qui tout à la fois comble et retarde le savoir, en un mot, relance. Dans la rencontre amoureuse, je rebondis sans cesse, je suis léger. Fragments d’un discours amoureux / Roland […]

La course amoureuse paraît suivre trois étapes (ou trois actes) : c’est d’abord, instantanée, la capture (je suis ravi par une image) ; vient alors une suite de rencontres (rendez-vous, téléphones, lettres, petits voyages), au cours desquelles j’explore avec ivresse la perfection de l’être aimé, c’est-à-dire l’adéquation inespérée d’un objet à mon désir : c’est […]

Lorsque Werther « découvre » Charlotte, Charlotte est en train de couper du pain. […] Ce qui me fascine, me ravit, c’est l’image d’un corps en situation. Ce qui m’excite, c’est une silhouette occupée, qui ne fait pas attention à moi. [Car la posture de l’occupation] me garantit en quelque sorte l’innocence de l’image : plus l’autre […]

Bien que tout amour soit vécu comme unique et que le sujet repousse l’idée de le répéter plus tard ailleurs, il surprend parfois en lui une sorte de diffusion du désir amoureux ; il comprend alors qu’il est voué à errer jusqu’à la mort, d’amour en amour. […] Le long d’une vie, tous les « échecs » […]