La phrasothèque

Phrasothèque : collection d’extraits de livre, classée par thème, destinée aux égarés et aux barbus.

De-ci de-là mes lectures / J’observe / Puis l’air de rien / Je capture

Listes de lecture

Le pourquoi du comment…

Depuis toujours, je lis comme je partirais à la cueillette de champignons.

Sauf que je déteste les champignons.

Non, ce que j’aime dénicher parmi les feuilles, ce sont les jolis morceaux d’écriture.

En ce qu’ils disent, ou comment ils le disent.

Pour cette raison, je lis difficilement un livre qui ne m’appartient pas. Lire le livre d’un autre, c’est s’imposer une logistique sans faille ; grosso modo un sac à main toujours rempli de ce qu’il faut de crayon, de post-it ou de carnet, pour extraire l’éventuelle pépite sans laisser aucune trace.

Au vu de ce que contient déjà le mien, je préfère m’en tenir à des méthodes peu sophistiquées, mais efficaces. Au moment de la découverte, je griffonne un quelconque signe dans la marge, et marque la page d’une corne large.

Sans trembler, j’abîme ainsi mes livres au fur et à mesure de mes pérégrinations, heureuse de pouvoir contempler, au final et en un seul coup d’œil, autant de traces qu’il y eut de moments heureux. Ces moments où, plus ou moins confortablement installée dans un livre, j’ai basculé de la lecture à la contemplation.

Le photographe a sûrement ce même sentiment lorsque, au détour d’un chemin, il est ému par un simple caillou, entouré qu’il est par ce qu’il faut de paysage, de mystère ou de lumière. Son mérite est alors de savoir attraper une vision éphémère, menacée de distorsion immédiate par un million de paramètres.

Le mien est nul.

Les phrases lues ne bougent pas. Elles sont immuables.

Même si cela ne préjuge en rien de l’allure qu’elles auront une fois sorties de leur contexte, il est facile de les recopier à l’identique.

Ces phrases, c’est désormais ici qu’elles vivoteront (Listes de lecture), et s’interrogeront de leur nouveau voisinage.

En attendant que je puisse les ressortir et les habiller d’un nouveau costume, à la hauteur de ce qu’elles sont.

Je sais bien que la liberté d’écriture est, comme toutes les autres, une conquête.